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Plastique : que faut-il retenir de ce mois de novembre ?

Le plastique est sans conteste la (triste) star de ce mois de novembre.
Alors que se déroule en ce moment même la Semaine Européenne de Réduction des Déchets, deux événements cruciaux pour la gestion mondiale du plastique ont eu lieu ces derniers jours : la fin de la troisième phase de négociations du traité international visant à éradiquer la pollution plastique & le vote, au Parlement Européen, du règlement PPWR (Packaging and Packaging Waste Regulation).
Un planning donc bien chargé au coeur d’une actualité déjà complexe !
Alors que faut-il retenir de ces derniers jours concernant les “avancées” européennes et internationales sur le plastique ?

Traité International sur la pollution plastique : des blocages persistants

Le 3e volet de négociations autour du traité plastique, qui s’est déroulé au Kenya du 13 au 19 novembre, a exposé les tensions persistantes entre les pays favorables à un traité ambitieux pour réduire la production et la consommation de plastique et ceux défendant leurs intérêts économiques dans la production de plastique (la Russie, l’Iran, la Chine ou encore l’Arabie Saoudite).

Ces derniers, refusant de reconnaitre le plastique comme un facteur de pollution, ont d’ailleurs formé une coalition (Coalition for Plastic Sustainability). Opposée à des mesures contraignantes, cette coalition pro-plastique a considérablement freiné les progrès des discussions et débats autour de la première ébauche du texte du traité proposée en septembre dernier (”draft zero”) et de l’agenda des groupes de travail intersession, ralentissant ainsi considérablement le travail sur le fond.

Il s’agit donc là d’une occasion manquée, pour l’ensemble des états membres, de poser les bases d’un travail intersession ambitieux sur les différentes priorités, parmi lesquelles l’élaboration d’objectifs et de calendriers pour une réduction globale de la production de plastique, ainsi que des mécanismes stricts permettant de contrôler le respect d’un objectif de réduction global.

Si les États membres ont encore la possibilité de conclure l’un des accords environnementaux les plus importants de l’histoire d’ici à la fin de 2024, il apparait incontournable, après la clôture de ce 3e volet, d’établir une politique solide en matière de conflits d’intérêts et de réévaluer la manière de traiter avec les pays qui bloquent délibérément l’ambition du processus de négociation.

LES CHIFFRES CLÉS

3,4%

c’est, en 2019, la part du plastique dans les émissions mondiales de gaz à effet de serre

36%

des plastiques produits dans le monde sont dédiés aux emballages

1,2 milliards

de tonnes de plastique – seront fabriqués par an en 2050, si rien n’est fait, selon les prévisions de l’OCDE.

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Lire aussiVers une réduction de la production de plastique de 75% d’ici 2050 : Surfrider Foundation appelle à un traité sur la pollution plastique ambitieux

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Règlement PPWR (Packaging and Packaging Waste Regulation) : Des compromis décevants

Après de nombreux mois de discussions ponctués par la pression des lobbies des papiers-cartons, des industriels de l’emballage et de la restauration rapide, le Parlement européen a finalement voté, mercredi dernier (22/11), une version du Règlement Emballages et Déchets d’Emballages (PPWR) dépouillée de toute mesure audacieuse.

Alors qu’il est crucial de réduire à la fois la pollution et l’utilisation des ressources, ce règlement représentait initialement une opportunité majeure pour la transition des systèmes d’emballage et pour encourager le retour au réutilisable (consigne). Malheureusement, l’intervention acharnée des différents lobbies ayant des intérêts économiques bien identifiés, a conduit la Commission Environnement du Parlement Européen à adopter et à proposer au vote en plénière, une version du règlement PPWR manquant cruellement d’ambition et de fermeté.

Le Parlement a ainsi voté la suppression de presque toutes les dispositions visant à lutter contre les emballages inutiles, ainsi que la plupart des objectifs de réutilisation pour 2040. Si certains objectifs de réutilisation (notamment pour les boissons) ont été conservés, ils ont été revus à la baisse, et accompagnés de larges dérogations, rendant les objectifs de réutilisation virtuellement inefficaces et envoyant un signal extrêmement négatif au secteur naissant de la réutilisation et aux précurseurs de l’économie circulaire.

Un occasion manquée de sortir du tout-jetable et de réduire la production de déchets et donc de pollution liées aux emballages à usages uniques.

Petite lueur de consolation, les objectifs globaux de prévention des déchets fixés pour les États membres (réduire les niveaux totaux de déchets d’emballages de 5 % d’ici à 2030 et de 15 % d’ici à 2040) fixent une direction à suivre pour l’industrie de l’emballage. En outre, le Parlement a ajouté une interdiction longtemps attendue de l’utilisation des PFAS et du BPA – des substances hautement toxiques et persistantes – dans les emballages alimentaires.

LES CHIFFRES CLÉS

13,4 millions

de tonnes – c’est le poids des déchets d’emballages produits en France en 2021

59 %

c’est le taux d’emballages, tous matériaux confondus, recyclés en France en 2021

+ de 50°c

c’est la température nécessaire pour que les plastiques dits “biodégradables” le soient tous effectivement

Pour aller plus loin :


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