Urdaibai

VICTOIRE ! Le conseil d’administration du musée Guggenheim Bilbao a définitivement renoncé au projet d’extension à Urdaibai, lors de sa réunion le 16 décembre 2025. La mobilisation menée par le groupe GUGGENHEIM URDAIBAI STOP a triomphé !

La réserve d’Urdaibai est la seule réserve de biosphère du Pays basque. Elle fait partie de l’UNESCO depuis 1984, du réseau Natura 2000 depuis 2004 et de la Convention de Ramsar depuis 1971. Elle abrite également une zone de protection spéciale pour les oiseaux (ZEPA) et trois zones de conservation spéciale (le réseau fluvial d’Urdaibai, les zones côtières et les marais d’Urdaibai, et les chênaies cantabriques d’Urdaibai). De plus, la réserve dispose de sa propre loi d’aménagement du territoire. L’annonce d’un projet visant à agrandir le musée Guggenheim de Bilbao en construisant deux nouveaux bâtiments à l’intérieur de la réserve est donc inacceptable : cette construction ne doit pas être autorisé.

HISTORIQUE

Les défenseurs

Nos équipes de Surfrider Espagne et France ont pris contact directement avec la plateforme GUGGENHEIM URDAIBAI STOP, qui mène le mouvement contre la construction des deux nouveaux bâtiments et la « voie verte » du projet d’agrandissement du musée Guggenheim de Bilbao. De même, nous sommes en contact avec SEO/BirdLife, qui collecte des signatures contre le projet.

État environnemental

Située à l’extrémité nord de la péninsule ibérique, Urdaibai constitue la plus vaste zone humide de la côte cantabrique et un réservoir de biodiversité d’une rare richesse.

Sa configuration géographique en fait une halte vitale sur la voie migratoire atlantique, mais son intérêt écologique ne se limite pas à l’avifaune : il s’agit d’un système vivant complexe, où marais, estuaires, aquifères et zones alluviales interagissent en permanence.

Parmi les fonctions souvent ignorées de ces milieux figurent celles liées au carbone bleu : les marais salés et prairies marines captent le CO₂ et le stockent dans des sols gorgés d’eau, pauvres en oxygène. Ce mécanisme permet un piégeage du carbone sur plusieurs siècles. Toute intervention qui déstabiliserait ces sols pourrait entraîner la libération de grandes quantités de CO₂, annulant brutalement leur rôle de puits de carbone.

Protéger ces écosystèmes, c’est aussi maintenir un levier efficace de lutte contre le changement climatique.

L’implantation de nouvelles infrastructures comme l’extension du musée Guggenheim viendrait rompre cet équilibre déjà fragile. Sur les sites visés, notamment l’ancienne usine Dalia, les sous-sols contiennent des métaux lourds hérités de décennies d’activité industrielle. Deux des niveaux sont en contact direct avec l’aquifère, ce qui rend tout chantier potentiellement dangereux : une fuite, un effondrement ou une mauvaise gestion des déblais pourrait entraîner une pollution durable de l’eau souterraine, avec des conséquences sur l’ensemble de la réserve.

Ce risque se double d’une autre fragilité structurelle : Urdaibai joue un rôle de tampon face aux inondations, grâce à la capacité de ses marais à absorber les crues. Or, l’artificialisation des sols — par le béton, les routes et les bâtiments — empêcherait cette fonction naturelle d’absorption. URA, l’agence basque de l’eau, classe déjà le secteur comme zone à haut risque d’inondation, et les projections climatiques liées à l’élévation du niveau marin ne font qu’aggraver ce constat : d’ici 2100, jusqu’à 25 % du territoire de communes voisines comme Gautegiz-Arteaga ou Murueta pourraient être submergés.

Ces transformations physiques du territoire s’accompagnent d’une pression accrue sur les ressources naturelles. La notoriété du musée Guggenheim entraînerait une augmentation significative de la fréquentation touristique dans la région. En haute saison, la population de Gernika pourrait tripler, exerçant une pression massive sur les capacités locales d’alimentation en eau, d’assainissement, de gestion des déchets ou de transports. Et cela dans une zone déjà touchée par la sécheresse, où l’eau devient une ressource de plus en plus tendue.

Notre demande

Surfrider Foundation rejette fermement le projet Guggenheim à Urdaibai. Le projet enfreint de nombreuses lois protectrices et aurait un impact destructeur sur cette réserve de biosphère fragile.

Victoire

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