La pollution plastique est un fléau majeur bien connu de tous. La pollution aux microplastiques est un fléau invisible de l’Océan, moins connu et pourtant tout aussi dangereux. Cette pollution impacte la qualité de l’eau, les usagers de l’océan, la biodiversité et à termes, toutes les formes de vie.
Les microplastiques : rois des cosmétiques
Mesurant moins de cinq millimètres, on retrouve les microplastiques dans l’environnement marin, mais aussi dans l’air. Ils souvent aussi très souvent ingérés par les différentes espèces animales.
La pollution aux microplastiques provient de multiples sources. L’une d’elles n’est autre que les produits cosmétiques et de nombreux autres produits de grande consommation – produits d’entretien, détergents, peintures ou encore les produits utilisés par les industriels tels que les engrais.
Si les microbilles plastiques intentionnellement ajoutées dans les formules des produits d’hygiène et d’entretien, ont été interdites dans certains pays, nos cosmétiques ne sont pour autant pas exempts de plastiques.
Dans la liste de leurs ingrédients, figurent par exemple des silicones et polymères, non solides, que l’on retrouve dans le savon, le shampoing, le dentifrice, en passant par la lotion pour bébé, la crème hydratante, le fond de teint, le déodorant, le parfum, le fard à paupières, le rouge à lèvres ou encore le démaquillant.
En février 2020, Surfrider Europe a lancé la campagne Bad cosmetics pour dénoncer la présence de microplastiques dans les produits de cosmétique.
Présents en masse dans les flacons, cachés sur l’étiquette
Les impacts environnementaux sont nombreux et les conséquences sanitaires, elles, encore méconnues. La question se pose particulièrement dans la mesure où nous sommes très souvent au contact des microplastiques, via les produits que nous utilisons au quotidien : nous ingérons du dentifrice, nous appliquons des crèmes sur notre peau ou encore pour certaines personnes, du maquillage sur les yeux, les lèvres etc.
Si l’on y regarde de plus près, la plupart des cosmétiques ne disent pas contenir de plastique, ou du moins veillent à ne pas les mettre en avant. Ils préfèrent afficher leurs propriétés dites “végétales”.
De cette manière, une marque va mettre en avant le doux parfum à la vanille naturelle de son dernier shampoing, oubliant de préciser que celui-ci contient 90% d’eau, des tensio-actifs industriels moussants et des silicones. La tendance est donc toujours au “greenwashing” dans le monde de la cosmétique.
Ces produits, de même que les produits d’entretien, sont, le plus souvent, rincés (lorsque nous nous douchons, lorsque nous vidons notre seau rempli d’eau souillée etc.). Ils gagnent alors les canalisations avant d’arriver dans les stations d’épuration qui ne sont, bien souvent, pas suffisamment équipées pour traiter ce genre de microparticules. N’étant pas, ou peu, filtrées, les microplastiques finissent leur course dans l’Océan où ils risquent fort d’être ingérés par différentes espèces pouvant à leur tour finir dans notre assiette. De cette façon les microplastiques contaminent absolument toute la chaîne alimentaire.
Comment éviter les microplastiques dans les cosmétiques et autres produits du quotidien ?
Parce que l’habit ne fait pas le moine, les packagings épurés et les slogans écolos ne garantissent en rien un produit sans microplastiques.
Alors, voici quelques indices pour les repérer lors de vos futurs achats. D’abord, évitez les produits aux formules contenant des terminaisons en –one ou –oxane, des grosses lettres type PPG et PEG, des poly- et des -cellulose.
Ensuite, vous pouvez vous fier aux produits ayant la mention Slow cosmétique, du nom de cette même association militant pour une interdiction totale des plastiques dans la cosmétique.
Également, des applications, comme Beat the microbead, vous aide à y voir plus clair. Enfin, parce que l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même, vous pouvez sur Ocean Campus apprendre à faire votre propre baume à lèvre et shampoing solide.
Si l’on retrouve massivement des microplastiques dans les produits de cosmétique, ce n’est pas la seule source de pollution aux microplastiques. En effet, le lavage des vêtements ou encore l’abrasion des pneus libèrent également des particules qui se retrouvent en fin de course dans l’océan. Pour mieux comprendre les vecteurs de pollution aux microplastiques, Surfrider Europe vous invite à (re)découvrir cette vidéo.
La qualité de l'eau en 5 questions
Qu'est-ce qu'un microplastique ?
Les microplastiques sont-ils dangereux pour la santé ?
Comment savoir si un produit cosmétique contient des microplastiques ?
La présence de plastique dans les formules des produits cosmétiques ou d’entretien est rarement précisée. Pour les repérer sur une étiquette, il faut chercher des ingrédients dont le nom se termine en -one ou -oxane (silicones), ou commençant par PPG, PEG, poly- ou contenant -cellulose. Des applications comme Beat the Microbead permettent de scanner les produits pour vérifier leur composition. Le label Slow Cosmétique est également un gage de formule sans plastique.
D'où viennent les microplastiques que l'on retrouve dans l'océan ?
Les sources sont multiples. Les cosmétiques rincés (shampoings, gels douche, dentifrices) libèrent des microplastiques qui traversent les stations d’épuration sans être filtrés et finissent dans l’océan. Le lavage des vêtements synthétiques libère des microfibres plastiques, et l’usure des pneus de voiture produit des particules qui ruissellent vers les cours d’eau. Les déchets plastiques qui se fragmentent progressivement en mer constituent une autre source majeure.
Que peut-on faire concrètement pour limiter les microplastiques ?
À l’échelle individuelle, plusieurs gestes permettent de réduire son impact : choisir des cosmétiques certifiés sans plastique (label Slow Cosmétique), utiliser l’application Beat the Microbead lors de ses achats, privilégier des alternatives solides comme le shampoing solide ou le savon, et se méfier des emballages au discours « vert » qui peuvent masquer des formules polluantes. À plus grande échelle, soutenir des associations qui militent pour l’interdiction totale des microplastiques dans les produits de consommation contribue à faire bouger les lignes réglementaires.