(Article mis à jour le 16/01/2026)
Les littoraux sont, par nature, des espaces mouvants, façonnés en permanence par des phénomènes naturels comme les marées, la houle et le vent.
Cette dynamique naturelle impose une gestion des risques côtiers adaptée, fondée sur la compréhension des processus à l’œuvre et sur l’anticipation des évolutions à venir.
À cette période de l’année où des tempêtes hivernales de plus en plus intenses font leur apparition, le trait de côte se voit lui aussi modifié et victime de l’érosion ou la submersion marine. Trop peu conscients de ces risques côtiers, nous nous retrouvons parfois en danger face à des phénomènes qui s’amplifient.
Afin d’informer sur ces dangers et de les éviter, Surfrider élargie une nouvelle fois sa carte érosion rassemblant encore davantage de témoignages et d’exemples en images.
L’érosion, la submersion marine… et le changement climatique
L’érosion côtière est un phénomène qui peut s’observer sur côte sableuse ou rocheuse. Il se traduit par le recul du trait de côte, c’est-à-dire le déplacement vers l’intérieur des terres de la limite entre le domaine maritime et le domaine continental, suite à la perte de matériaux : sables, roches ou sédiments.
La submersion marine, quant à elle, correspond à une inondation temporaire ou permanente d’une zone côtière par la mer. Elle survient généralement à la suite d’une tempête et peut entraîner la destruction d’habitats, de terres agricoles et/ou d’ouvrages de protection naturels (dunes) ou artificiels (digue).
Ces phénomènes, bien que naturels, s’accélèrent considérablement avec le changement climatique : celui-ci provoque la fonte des glaces terrestres ainsi que le réchauffement des eaux, entrainant une montée du niveau des océans.
Lors de grandes marées et de fortes houles, l’impact des vagues sur la côte s’amplifie, renforçant alors les phénomènes d’érosion et de submersion marine.
Ils sont au cœur des enjeux de gestion des risques côtiers, car ils exposent directement les territoires littoraux.
Découvrez la carte interactive sur l'érosion et la submersion côtière
Quand le phénomène naturel devient un risque côtier
Un phénomène naturel devient un risque côtier lorsqu’il menace des enjeux environnementaux, humains, économiques, sociaux ou patrimoniaux. En s’installant trop près du littoral, sans tenir compte de sa dynamique naturelle, l’être humain crée une situation de vulnérabilité. La gestion des risques côtiers consiste alors à limiter cette exposition plutôt qu’à nier le fonctionnement naturel des côtes.
En France, l’exemple de l’immeuble Le Signal à Soulac-sur-Mer illustre malheureusement parfaitement cette notion. Construit en 1967 à environ 200 mètres de l’océan Atlantique, ce bâtiment édifié sur la dune se trouve aujourd’hui à une dizaine de mètres de l’eau à cause de l’érosion côtière.
Après les tempêtes hivernales de 2014, les habitant·es ont dû quitter les lieux. En 2020, une indemnisation partielle a été votée, malgré l’absence de reconnaissance officielle de l’érosion comme catastrophe naturelle.
L’activité humaine : à la fois victime et responsable
Pour ne pas en arriver là, des stratégies de gestion du trait de côte sont désormais mises en place en amont par les autorités locales. L’érosion et la submersion marine étant inéluctables, c’est à l’Homme de s’adapter aux aléas naturels, et non l’inverse
4 stratégies de gestion des risques existent actuellement :
- La lutte active : souvent défavorable pour l’environnement, c’est par exemple la solution choisie à La Faute-sur-Mer en Vendée, après le passage de la tempête Xynthia en 2010, avec le renforcement des digues.
- L’accommodation ou le renforcement des processus naturels : c’est par exemple le mode de gestion adopté sur le littoral méditerranéen avec la restauration et protection du cordon dunaire sur les côtes sableuses.
- La relocalisation des enjeux ou repli stratégique: difficile à instaurer à cause de son coût et de son impact sur la population, c’est la solution mise en place à Criel-sur-Mer en Normandie face à l’effondrement des falaises.
- La surveillance passive : surveiller l’évolution du trait de côte dans le temps, c’est la stratégie adoptée au niveau de la plage d’Erretegia à Bidart dans les Pyrénées Atlantiques, en l’absence d’enjeux.
Toutes ces approches participent à une gestion des risques côtiers plus durable, respectueuse du fonctionnement naturel des littoraux.
Toutes ces informations et bien plus encore sont rassemblées au sein d’une carte interactive développée par Surfrider Europe. La première solution étant l’information, l’association a créé cet outil pour permettre à tous de découvrir des sites où les risques côtiers sont présents aujourd’hui et de les comprendre, par le biais de témoignages, comparaison d’images dans le temps et stratégies mises en place. Bientôt élargie à l’Europe, cette carte permet de se rendre compte de ces phénomènes et de pouvoir par la suite agir intelligemment.
Grâce à cette carte, l’association souhaite rappeler que l’Océan a ses propres lois et que le littoral est un milieu vivant qui a besoin de respirer. Il est temps d’apprendre à vivre en harmonie avec l’Océan, et non plus contre lui.
La Gestion des risques côtiers en 5 questions
Qu’est-ce que la gestion des risques côtiers ?
La gestion des risques côtiers regroupe l’ensemble des stratégies visant à réduire les impacts de l’érosion côtière et de la submersion marine sur les populations, les activités humaines et les écosystèmes, tout en respectant la dynamique naturelle du littoral.
Quels sont les principaux risques côtiers ?
Pourquoi le changement climatique aggrave-t-il les risques côtiers ?
Quelles sont les stratégies de gestion des risques côtiers existantes ?
Pourquoi faut-il laisser de l’espace au littoral ?
Laisser de l’espace au littoral permet aux écosystèmes côtiers de jouer leur rôle naturel de protection. Cette approche favorise une gestion des risques côtiers plus durable, en réduisant la vulnérabilité des territoires face aux aléas naturels.