Surfrider publie son positionnement sur les déchets liés à l’industrie du tabac

Communiqué de presse 28.05.2026

À l’occasion de la journée mondiale sans tabac le 31 mai, Surfrider Foundation Europe publie son positionnement sur les déchets liés à l’industrie du tabac. L’ONG appelle ainsi à l’interdiction des filtres de cigarettes, des sachets de nicotine et des cigarettes électroniques jetables (dites “puffs”) à l’échelle européenne. Les bénévoles feront résonner ce plaidoyer pendant tout le mois de juin, à travers de grandes collectes de mégots sur les plages, autour des lacs et des rivières en Europe.

Le filtre de cigarette, ennemi de l’environnement

Au-delà de l’enjeu de santé publique déjà bien identifié, les produits issus de l’industrie du tabac génèrent un impact environnemental majeur, sur l’ensemble de leurs cycles de vie.

En premier lieu, les filtres de cigarette : une fois consumés, ils deviennent des mégots qui absorbent des milliers de substances chimiques toxiques, notamment la nicotine, les hydrocarbures aromatiques polycycliques, les nitrosamines et les métaux lourds. Au total, près de 7 000 substances chimiques peuvent être libérées par un seul mégot, dont plus de 40 mutagènes et cancérigènes connus.

Les mégots de cigarettes libèrent des polluants dans les sols, les eaux de surface et les eaux souterraines à mesure qu’ils vieillissent et se dégradent, exposant la faune à une large gamme de contaminants, dont certains peuvent se bioaccumuler dans les chaînes alimentaires. Des recherches ont montré que les mégots de cigarettes peuvent affecter la croissance, le comportement, la reproduction et même la survie de divers organismes.

Ils constituent également une source importante de pollution par les microplastiques.

En 2025, les 17 172 participant.es ont quantifiés 587 514 mégots, plaçant une nouvelle fois ce dernier en première place des déchets comptabilisés.

Face à ce fléau, Surfrider se mobilise depuis de nombreuses années et lance l’alerte auprès des institutions publiques françaises et européennes. Mais elle souhaite désormais faire reconnaitre plus largement la nocivité de l’ensemble de l’industrie du tabac sur l’environnement.

L’interdiction du filtre de cigarette est la solution

En 2025, l’ONG demandait l’interdiction des filtres de cigarettes,  s’appuyant notamment sur les travaux de l’Organisation Mondiale de la Santé : “aucun élément ne permet d’affirmer que les filtres présentent des avantages avérés pour la santé. “ indique l’organisation. Les filtres ont surtout un intérêt économique et marketing pour les fabricants car ils rendent le gout plus doux en réduisant l’âcreté de la fumée du tabac. Ils facilitent l’initiation des jeunes et peuvent servir à séduire de nouveaux consommateurs. De récentes études montrent qu’ils pourraient même aggraver les risques, en atténuant le goût du tabac et en incitant à inhaler plus profondément la fumée. 

Les autres produits du tabac, des produits à interdire eux-aussi

Dans son document de positionnement, Surfrider Foundation ne se limite pas aux filtres de cigarette : elle appelle aussi à l’interdiction d’autres produits comme les sachets de nicotine et les cigarettes électroniques jetables. Ces items peuvent être considérés comme des plastiques à usage unique. Ils sont commercialisés par l’industrie du tabac comme des alternatives à la cigarette ou des outils amenant les consommateurs à arrêter de fumer. Cependant, leur utilisation augmente de plus en plus, surtout auprès des plus jeunes.

Les sachets de nicotine sont des produits à usage unique, non recyclables et non biodégradables, destinés à être mis en décharge ou incinérés. Lorsqu’ils sont jetés dans la nature, ils contribuent à la pollution plastique mais aussi la pollution chimique, de la même manière que les mégots de cigarettes. La nicotine qu’ils contiennent étant toxique même à très faible dose pour les organismes aquatiques.

Les premières données provenant de l’agence danoise de l’environnement, illustrent l’ampleur du problème : on estime que 5,3 millions de sachets de nicotine sont abandonnés dans la nature chaque année, représentant plus de trois tonnes de déchets, dont environ une demi-tonne de matériaux de type plastique

Les cigarettes électroniques jetables sont quant à elles souvent jetées au bout de quelques jours d’utilisation alors qu’elles combinent trois types de pollutions majeurs dans un seul produit : ces items sont à la fois faits de plastique, de composants électroniques et de composés chimiques dangereux.

Les recherches écotoxicologiques menées sur les déchets issus des cigarettes électroniques ont déjà mis en évidence des effets nocifs sur toute une série d’organismes, notamment les grenouilles, les poissons, les micro-organismes et les oursins, ce qui suggère une toxicité à plusieurs niveaux trophiques. Ces résultats indiquent que les substances chimiques libérées par les cigarettes électroniques jetées peuvent perturber les écosystèmes aquatiques.

Sur la lancée de la France, qui a déjà pris l’initiative d’interdire les sachets de nicotine Surfrider appelle donc désormais à une interdiction de ces 3 items à l’échelle européenne.

Lien vers le positionnement

« Derrière chaque filtre, chaque puff, ou chaque sachet de nicotine, il y a du plastique des substances toxiques et une réalité de chiffres qui ne cessent d’augmenter : une pollution qui finit dans nos rues, nos rivières et l’océan. Continuer à mettre sur le marché des produits conçus pour devenir des déchets après quelques minutes d’usage n’a aujourd’hui plus aucun sens environnemental ni sanitaire. Face à une pollution aussi évitable, l’interdiction de ces produits – et sa mise en œuvre par les autorités – est donc la mesure la plus cohérente et efficace. » explique Lucie Padovani, chargée de plaidoyer pour Surfrider Foundation Europe.

Surfrider against cigarette butts* : une campagne pour alerter et agir sur le terrrain

mettre en lumière cette pollution aux conséquences désastreuses. 

Les objectifs de cette campagne sont de : 

  • Alerter sur l’omniprésence de ce déchet plastique dans notre environnement,
  • Inviter les citoyen.nes, dans toute l’Europe, à participer à des opérations de science participative, chaque collecte est accompagnée d’un moment de quantification faisant de chaque déchet une donnée permettant de faire pression sur les décideur.euses via une base de données européenne en libre accès,
  • Affirmer un positionnement en faveur de l’interdiction du filtre de cigarette, des sachets de nicotine et des cigarettes électroniques jetables.

En 2025, la campagne Surfrider against cigarette butts* a mobilisé 792 citoyen.nes à travers 7 pays européens (France, Espagne, Allemagne, Pays-Bas, Grèce, Portugal, Danemark) sur la seule journée du 31 mai. Au total, ce sont 224.241 mégots qui ont été ramassés à travers 44 collectes (Chiffres 2024 : 183 353 mégots pour 862 volontaires).

Cette année la campagne s’étendra sur l’ensemble du mois de juin.

Lien pour participer ou organiser sa propre collecte : retrace.surfrider.eu

Lien vers des images d’illustration

Nous restons à la disposition des journalistes pour toute demande d’information ou d’interview. 

*Surfrider contre les mégots de cigarette


À propos de Surfrider Foundation Europe

L’ONG Surfrider Foundation est un collectif d’activistes positifs qui agit concrètement sur le terrain au quotidien pour transmettre aux générations futures un Océan préservé. Notre mission : Porter haut et fort la voix de l’Océan ! Nos armes ? Sensibiliser et mobiliser les citoyens, enfants comme adultes (notamment grâce à 48 antennes bénévoles dans toute l’Europe), utiliser notre expertise scientifique pour porter des actions de lobbying et transformer les entreprises. Découvrez l’association sur https://surfrider.fr/ ou via cette vidéo.


CONTACTS: 

Lionel Cheylus | Responsable Relations Médias | +33 6 08 10 58 02 | lcheylus@surfrider.eu

Julie Gabriel | Assistante Relations Médias | presse@surfrider.eu


La campagne « Break the plastic Wave » de Surfrider Foundation Europe est soutenu par le programme LIFE créé par la Commission européenne. Le soutien de la Commission européenne à la production de cette publication ne constitue pas une approbation du contenu, qui reflète uniquement le point de vue des auteurs, et la Commission ne peut pas être tenue pour responsable de toute utilisation qui pourrait être faite des informations qu’elle contient.