
n janvier, les associations AC de vagues et Surfrider Foundation Europe avaient prévenu de leur intention de contester la légalité du projet de surfpark de Talmont-Saint-Hilaire. C’est maintenant chose faite, avec l’introduction auprès du tribunal administratif de Nantes le 27 février d’un recours visant à obliger le porteur de projet à déposer une demande de dérogation “espèces protégées”.
Les associations attaquent l’absence de dérogation “espèces protégées”
En novembre, les associations AC de Vagues et Surfrider Foundation Europe ont signalé à la Préfecture de la Vendée le risque de destruction d’habitats protégés lié au projet de construction d’un surfpark à Talmont-Saint-Hilaire. En effet, le projet situé à 250 mètres de l’océan et au contact direct d’une zone Natura 2000, prévoit, entre autres, l’abattage de 107 arbres et la destruction de plus de 350 mètres de haies. La réalisation d’un inventaire naturaliste indépendant sur le site de construction a permis l’observation de 16 espèces d’oiseaux protégés au niveau national, ainsi que 7 espèces de chauve-souris. Au total, 19 espèces sont menacées de la destruction de leur habitat naturel, alors que ce projet ne bénéficie d’aucune dérogation “espèces protégées”.
En effet, les interventions humaines impactant les espèces protégées et leurs habitats sont strictement encadrées, et doivent légalement faire l’objet d’une dérogation. Celle-ci n’a pas été demandée, ni accordée pour le projet de surfpark de Talmont Saint-Hilaire. C’est tout l’objet du recours introduit par AC de vagues et Surfrider Foundation Europe auprès du tribunal de Nantes : obtenir de la part du tribunal l’obligation pour la préfecture de Vendée de mettre en demeure la société Mersea pour le dépôt d’un dossier de demande de dérogation espèce protégée.
Le promoteur risque jusqu’à 750 000 d’amende pour la destruction d’habitat d’espèces protégées s’il commence les travaux sans obtenir cette dérogation essentielle.
Les associations restent mobilisées et continuent, en l’attente du jugement, à documenter et alerter sur les nombreuses atteintes à l’environnement de ce projet
Les associations poursuivent leurs recherches et actions pour documenter et alerter les citoyens et les autorités publiques sur les nombreuses atteintes à l’environnement de ce projet. AC de vagues commencera notamment le dimanche 5 avril un inventaire naturaliste sur la plage de l’Anse de la Mine. Ce site naturel est en effet menacé par le projet de surfpark et son installation de pompage d’eau de mer qui pourrait nécessiter d’importants travaux sur le domaine public maritime. Faute d’information sur les intentions du porteur de projet, les associations s’inquiètent également d’un risque de pollution en cas de rejet des saumures. Un nettoyage de la plage ouvert à toutes et à tous sera organisé le dimanche 5 avril à 10h30 en parallèle des travaux d’inventaire.
“Les revers s’accumulent pour l’entreprise Mersea et c’est une excellente nouvelle pour la protection de l’environnement et du cadre de vie des Talmondais.es et des Vendéen.ne.s. Après une mise en demeure de la Préfecture concernant la non conformité de son installation de pompage, les associations AC de Vagues et Surfrider Foundation Europe attaquent en justice la légalité du projet et l’absence de dérogation espèces protégées. Nos associations sont plus que jamais déterminées à faire respecter le droit.” Ac de Vagues.
« Ce projet est l’incarnation de ce que l’aménagement du territoire ne devrait plus produire. C’est un projet qui ne s’interroge pas sur l’impact pour les écosystèmes, sur les possibilités de renaturation et de fait l’opportunité d’atteindre l’objectif zéro artificialisation net… En réfléchissant à la trajectoire que nous devons prendre, c’est un non-sens » Rémy Moreau, chargé de projet aménagement du littoral pour Surfrider Foundation Europe.
Les associations restent mobilisés et iront au bout de la démarche contentieuse pour protéger les écosystèmes menacés par ce projet.
Nous restons à la disposition des journalistes pour toute demande d’interview à ce sujet.
Note de l’éditeur :
Le projet fait l’objet d’une contestation grandissante depuis son annonce. L’association AC de Vague créée pour s’opposer à ce projet réunit déjà 430 adhérents. En novembre, ce sont pas moins de 700 manifestants qui se sont réunis dans les rues de Talmont Saint-Hilaire pour demander l’abandon du projet. Enfin, la pétition contre le projet a réuni près de 25 000 signatures.
Plus largement, ce type de projet suscite une vague d’indignation en France, ou les associations sont jusqu’à présent parvenues à arrêter leur construction : annulation du projet à Saint Père en Retz, Saint Jean de Luz ou Castets, contentieux en cours à Canéjan (33).
À propos de Surfrider Foundation Europe
L’ONG Surfrider Foundation est un collectif d’activistes positifs qui agit concrètement sur le terrain au quotidien pour transmettre aux générations futures un Océan préservé. Notre mission : porter haut et fort la voix de l’Océan ! Nos armes ? Sensibiliser et mobiliser les citoyens, enfants comme adultes (notamment grâce à 48 antennes bénévoles dans toute l’Europe), utiliser notre expertise scientifique pour porter des actions de lobbying et transformer les entreprises. Découvrez l’association sur https://surfrider.fr/ ou via cette vidéo
À propos d’AC de Vagues
L’association AC de vagues a été créée dans le but de défendre et protéger l’environnement sur le territoire de la Communauté de communes de Vendée Grand Littoral. Elle regroupe des habitants de Talmont-Saint-Hilaire et d’ailleurs qui se mobilisent contre le projet de vague artificielle à Talmont-Saint-Hilaire.
CONTACT :
Valentin Desfontaines | AC de Vagues | 06 66 07 33 26 | desfontaines.valentin@gmail.com
Rémy Moreau | Surfrider Foundation Europe | 06 68 95 28 60 | rmoreau@surfrider.eu
Lionel Cheylus | Responsable relations média | 06 08 10 58 02 | lcheylus@surfrider.eu

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