Protection des espaces marins et côtiers

En 2025, Surfrider Foundation Europe a poursuivi son engagement pour une gestion durable et équilibrée des littoraux, en conjuguant victoires juridiques et écologiques, développement d’outils pédagogiques et production de connaissances nouvelles. Face à des projets d’aménagement menaçant des écosystèmes côtiers d’exception, l’association a maintenu une posture exigeante et vigilante — convaincue que la protection du littoral ne peut s’accommoder ni de compromis environnementaux, ni de solutions de façade.

Crédits carbone bleu : Surfrider mène une étude sur les perceptions des acteurs

Les crédits carbone bleu — des mécanismes financiers visant à valoriser la capacité des écosystèmes côtiers et marins à stocker du carbone — suscitent un intérêt grandissant en Europe.
Pour mieux comprendre comment ce sujet est perçu par ceux qui en sont les principaux acteurs, Surfrider Foundation Europe a mené une étude qualitative fondée sur plusieurs entretiens, auprès de trois types de profils : scientifiques et ingénieurs écologues, professionnels de la “finance bleue” et de la levée de fonds, et acteurs du droit et des politiques publiques.

Premier enseignement : les points de vue sont loin d’être unanimes.
Si les acteurs de la finance et de l’économie bleue se montrent globalement enthousiastes à l’égard de ces mécanismes, les scientifiques et les acteurs publics de terrain expriment quant à eux des réserves importantes.
Parmi les freins identifiés : des coûts d’accréditation élevés, des méthodologies complexes, des incertitudes scientifiques non résolues, et une tension réelle entre la logique de conservation à long terme et les attentes de rentabilité à court terme des financeurs.

L’étude soulève également une question politique de fond. L’intérêt croissant des décideurs pour les crédits carbone bleu coïncide paradoxalement avec une réduction des financements publics destinés aux organismes chargés de gérer et protéger ces écosystèmes.
Ce mécanisme risque ainsi de permettre à certains acteurs de se prévaloir d’engagements environnementaux sans pour autant réduire concrètement les pressions qu’ils exercent sur la nature.
Plus largement, l’étude interroge le risque d’un retrait progressif de la puissance publique au profit de logiques marchandes, avec ce que cela implique pour la protection des biens communs naturels.

La Fresque du Littoral : déploiement auprès de la communauté bénévole

Imaginé par Surfrider Foundation Europe et animé pour la première fois en 2025, la Fresque du Littoral est un atelier collaboratif inspiré de la Fresque du Climat.
À travers un jeu de cartes, une fresque murale et des éléments manipulables, les participants sont invités à reconstituer le fonctionnement d’un littoral, à identifier les impacts humains qui le menacent et à réfléchir collectivement aux solutions d’adaptation.
Ludique, concret et accessible à tous, cet outil peut être animé sous différents formats — sessions d’une heure, ateliers de trois heures ou animations sur stand.

En 2025, Surfrider a engagé le déploiement de cet outil au sein de sa communauté en formant ses bénévoles à son animation, notamment en Loire-Atlantique, en Seine-Maritime, en Bretagne, à Lyon et dans l’Hérault.
Ces bénévoles formés sont désormais en mesure de porter la Fresque du Littoral de manière autonome, ouvrant la voie à un déploiement à plus grande échelle dès 2026.

« Littoral en danger » : un jeu de rôle adapté au contexte espagnol

Depuis plusieurs années, Surfrider Foundation Europe s’attache à exporter et adapter ses outils pédagogiques au-delà des frontières françaises.
En 2025, le jeu de rôle Littoral en danger — conçu en France en 2019 pour mieux appréhender la complexité de la gestion du littoral et la nécessité du dialogue entre toutes les parties prenantes — a été traduit et adapté au contexte espagnol.

Cette démarche d’adaptation, qui va au-delà de la simple traduction pour tenir compte des spécificités réglementaires et territoriales locales, témoigne de la volonté de Surfrider de faire essaimer ses outils de sensibilisation à l’échelle européenne.

Urdaibai :
victoire contre l'extension du musée Guggenheim

Nichée dans la province de Bizkaia, au Pays basque espagnol, la réserve de biosphère d’Urdaibai abrite lun des estuaires les plus riches d’Europe : marais salants, herbiers marins, forêts de chênes et zones humides constituent un écosystème de carbone bleu d’une valeur écologique exceptionnelle, classé Natura 2000 et inscrit à la convention de Ramsar. Depuis plusieurs années, ce patrimoine naturel était menacé par un projet d’extension du musée Guggenheim de Bilbao, prévoyant la construction de deux bâtiments reliés par une passerelle sur pilotis traversant la zone protégée.

Résolument engagée pour la préservation des écosystèmes côtiers et marins, Surfrider Foundation Europe s’est jointe à la mobilisation menée par le groupe Guggenheim Urdaibai Stop et aux nombreuses organisations environnementales — SEO/BirdLife, Greenpeace, WWF, Ecologistas en Acción — ayant pris position contre ce projet.

Cette mobilisation collective a porté ses fruits. Le 16 décembre 2025, le conseil d’administration du musée Guggenheim Bilbao a définitivement renoncé au projet d’extension à Urdaibai. Une victoire majeure pour la société civile, pour la biodiversité, et pour la protection des écosystèmes côtiers européens.

Surfpark de Talmont-Saint-Hilaire : lancement des démarches en justice

À Talmont-Saint-Hilaire, en Vendée, un projet de surfpark de grande envergure prévoit de s’implanter sur le site de l’aquarium de Vendée, à seulement 250 mètres de l’océan et en bordure immédiate d’une zone Natura 2000. Surfrider Foundation Europe s’oppose fermement à ce projet, dont le permis de construire a été accordé discrètement par la commune en septembre 2024, sans annonce officielle.

Les enjeux environnementaux sont significatifs : un inventaire naturaliste mené en octobre 2025 a mis en évidence la présence de 16 espèces d’oiseaux protégées et de 7 espèces de chauves-souris, dont les habitats seraient directement menacés par l’arrachage de haies, la coupe d’arbres, ainsi que par les nuisances sonores et lumineuses d’une infrastructure pouvant accueillir jusqu’à 250 000 visiteurs par an. Le projet soulève également de nombreuses questions non résolues quant à la gestion des ressources en eau.

Aux côtés du collectif local AC de Vagues — qui a rassemblé plus de 25 000 signatures de pétition et mobilisé plus de 750 personnes lors d’une manifestation en novembre 2025 — Surfrider a engagé les démarches nécessaires en vue d’un recours administratif.
Le contentieux a été officiellement lancé le 6 mars 2026, avec le dépôt d’une requête auprès du tribunal administratif de Nantes.
Surfrider demande l’abandon pur et simple de ce projet, incompatible avec les objectifs de protection du littoral et de préservation de la biodiversité.

Énergies marines renouvelables : outiller la communauté pour participer aux débats

Alors que les projets d’énergies marines renouvelables se multiplient en Europe et soulèvent des questions de plus en plus complexes pour les écosystèmes marins, Surfrider Foundation Europe continue d’outiller sa communauté pour lui permettre de participer activement aux débats publics sur ces sujets.
Deux boîtes à outils ont ainsi été développées et diffusées : l’une consacrée spécifiquement à l’éolien en mer, l’autre portant plus largement sur l’ensemble des énergies marines renouvelables.

Ces ressources visent à fournir aux bénévoles, citoyens et acteurs locaux les clés de compréhension nécessaires pour s’engager de manière éclairée dans les concertations et contribuer à orienter ces projets dans le sens d’une meilleure prise en compte des enjeux océaniques.

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