En 2025, Surfrider Foundation Europe a renforcé son engagement pour la qualité de l’eau et la santé des usagers, face à des menaces toujours plus diverses et préoccupantes.
Des plages bretonnes touchée par une pollution bactériologique d’ampleur aux côtes sud-atlantiques et méditerranéennes envahies par les microalgues toxiques, l’association a multiplié les fronts — sur le terrain, dans les laboratoires et auprès des décideurs — avec une conviction inchangée : la jouissance d’eaux de surface saines est un droit fondamental qui se défend coûte que coûte.
Face aux nouvelles formes de pollution et aux préoccupations croissantes de sa communauté, Surfrider Foundation Europe a engagé en 2025 le développement d’une expertise approfondie dans le domaine des contaminants chimiques.
L’état chimique des masses d’eau de surface et des eaux côtières se dégrade en effet de manière préoccupante, et les perspectives d’atteindre un bon état écologique d’ici 2027 apparaissent de moins en moins réalistes au regard du contexte climatique et réglementaire actuel.
Dans ce cadre, un important travail de structuration a été conduit : analyse comparative des parties prenantes et des réseaux travaillant sur les polluants chimiques, cartographie des réglementations en vigueur et à venir, hiérarchisation des substances à fort impact environnemental, et inventaire des technologies existantes. Ces travaux alimenteront une feuille de route interne, actuellement en cours d’élaboration.
En parallèle, une campagne nationale de monitoring et de prélèvement a été menée en juin 2025, en partenariat opérationnel avec les laboratoires Eurofins, afin de cartographier la présence de PFAS dans les zones de baignade et les espaces récréatifs littoraux. Mobilisant 80 bénévoles, cette campagne a permis d’analyser 108 sites et de collecter plus de 6 000 données relatives aux PFAS.
C’est avec une grande déception, mais sans réelle surprise, que Surfrider Foundation Europe a appris au début de l’été 2025 qu’aucune révision de la Directive Eaux de baignade n’était envisagée par la Commission européenne — une décision d’autant plus frustrante que ce chantier, sur lequel Surfrider travaillait depuis plusieurs années, avait déjà fait l’objet d’un premier report.
Face à cette situation, l’association a rapidement adapté sa stratégie d’action.
Une mobilisation citoyenne ciblée a été lancée via la plateforme Chilli, appelant la Commission européenne à rouvrir le dossier. La communauté de Surfrider s’est mobilisée à travers des commentaires coordonnés et des e-mails adressés directement à la commissaire Jessika Roswall.
La campagne a également trouvé un écho auprès de créateurs de contenu environnemental, dont Gaëtan Gabrièle, contribuant à amplifier sa portée. Avec plus de 271 000 impressions générées, cette mobilisation a permis de démontrer la force de l’engagement de la communauté Surfrider et l’intensité de la préoccupation du public sur ces enjeux, tant en France qu’à l’échelle européenne.
En parallèle, Surfrider a renforcé son travail de sensibilisation en co-produisant un documentaire, IMPACT 7 – Between the Tides, réalisé en collaboration avec le surfeur professionnel Miguel Blanco. Ancré dans une démarche factuelle — prélèvements, analyses en laboratoire et témoignages publics —, ce film met en lumière les défis concrets posés par la pollution des eaux de baignade à Ericeira, au Portugal. Sa diffusion est prévue en 2026, à travers des projections publiques ainsi que sur YouTube et Instagram.
Au cours de l’été 2025, Surfrider Foundation Europe a conduit plusieurs campagnes de prélèvements sur les côtes basques, landaises et méditerranéennes — soit 125 prélèvements au total —, en collaboration avec les agences sanitaires, les autorités locales et les parcs marins.
Les analyses ont révélé la présence de la microalgue toxique Ostreopsis dans 30 % des échantillons, et ont permis d’identifier trois sites à forts enjeux sur le littoral basque.
Une analyse complémentaire conduite en octobre 2025 sur ce même secteur a permis d’approfondir la compréhension de la dynamique des proliférations, des conditions environnementales favorisant leur développement, ainsi que des risques sanitaires potentiels associés.
En parallèle de ce travail de terrain, une campagne de communication a été déployée, comme chaque année, pour informer le grand public des causes et des conséquences de la présence de cette algue.
Le formulaire de signalement mis en place sur le site de Surfrider Foundation Europe en 2024 a recueilli cette année plus de 120 témoignages de personnes déclarant des symptômes compatibles avec une exposition à Ostreopsis, confirmant l’utilité de ce dispositif participatif pour compléter les données scientifiques de terrain.
Depuis 2023, Surfrider Foundation Europe assure le suivi d’une pollution bactériologique persistante d’origine agricole sur la plage de Penfoul et plusieurs sites environnants de la commune de Landunvez, dans le Finistère.
En 2024, cette mobilisation avait abouti à l’adoption d’un arrêté préfectoral classant le secteur en « zone à enjeux sanitaires » et introduisant un ensemble de mesures destinées à s’attaquer aux diverses sources de pollution, notamment à Penfoul, dans le cadre d’un plan triennal.
2025 constituait la première année de mise en œuvre de ce plan.
Le bilan est pour l’instant très mitigé : la plage de Penfoul a été déclassée, ses eaux de baignade passant de « bonne qualité » à « insuffisant » — soit une qualité non conforme aux exigences de la directive européenne sur les eaux de baignade.
Face à ce constat préoccupant, Surfrider a de nouveau sonné l’alerte afin d’accroître la pression sur les autorités locales et les contraindre à accélérer la mise en œuvre effective des mesures prévues.
Dans ce cadre, deux études ont été initiées auprès des médecins du Finistère, visant à évaluer le nombre de patients présentant des symptômes probablement liés à leurs pratiques de baignade et à la mauvaise qualité des eaux.
L’objectif était double : documenter précisément la situation à Landunvez et dresser un état des lieux plus large à l’échelle départementale, afin de disposer de données probantes pour renforcer le dialogue avec les décideurs.
Ces travaux, mis en avant dans les médias régionaux grâce à l’envoi de deux communiqués de presse ont permis au groupe local Finistère d’obtenir un rendez-vous avec l’Agence régionale de santé — une avancée notable dans ce processus.
En 2026, Surfrider poursuivra sa collaboration avec les médecins locaux et maintiendra sa vigilance et sa pression sur les autorités, dans l’attente des résultats de la prochaine saison de mesures.
L’objectif demeure inchangé : que l’ARS s’empare pleinement du sujet et que la qualité des eaux de baignade soit durablement rétablie sur ce secteur du littoral finistérien.